Arsenic dans le collagène marin et les compléments : ce que la loi fixe, et ce qu’elle ne fixe pas
Le règlement (UE) 2023/915 ne fixe aucune teneur maximale d’arsenic inorganique pour les compléments alimentaires ; il en fixe pour la chair de poisson (0,10 mg/kg) et le règlement (CE) n° 853/2004 limite l’arsenic de l’ingrédient collagène à 1 ppm (versions lues le 22/10/2026).
Registre UE vérifié le 22/10/2026 : le collagène a le statut « non autorisé ». Les seuils ci-dessous portent sur la sécurité sanitaire, pas sur un effet.
Les seuils, catégorie par catégorie
La section 3.4 du règlement 2023/915 porte sur l’arsenic inorganique, somme de As (III) et As (V). Elle s’applique aux produits des points 3.4.1 à 3.4.8 : riz et produits à base de riz, préparations pour nourrissons, aliments pour bébés, jus de fruits, chair de poisson, crustacés, mollusques bivalves, céphalopodes. Aucun point ne vise les compléments alimentaires (lecture de toute la section le 22/10/2026). Le point 3.4.9 fixe une teneur en arsenic total pour le sel.
| Catégorie | Teneur maximale | Point de l’annexe |
|---|---|---|
| Chair musculaire de poisson, espèces autres que celles du point 3.4.5.2 | 0,10 mg/kg poids frais | 3.4.5.1 |
| Chair musculaire de baudroie, lotte, giant stargazer, poissons plats, églefin, hareng, raie, squale | 0,50 mg/kg poids frais | 3.4.5.2 |
| Ingrédient collagène (produit fini du fabricant de collagène) | 1 ppm (= 1 mg/kg), libellé « As » | annexe III, section XV, chapitre IV (règlement 853/2004) |
Pourquoi le poisson est concerné
L’arsenic des produits de la mer est surtout organique, peu toxique, mais l’arsenic inorganique est classé parmi les substances dont l’EFSA relève des effets : dans son avis de 2009, elle indique que l’arsenic inorganique provoque des cancers du poumon, de la vessie et de la peau, et que les expositions alimentaires se situent dans la plage des valeurs associées à un risque, avec peu ou pas de marge.
Le texte du règlement 853/2004 écrit simplement « As » pour le collagène, sans préciser inorganique ou total. Un certificat doit donc dire quelle forme il a mesurée, car les résultats diffèrent beaucoup : la spéciation (organique ou inorganique) demande une méthode dédiée.
Arsenic : avis de l’EFSA de 2009-10 (DOI 10.2903/j.efsa.2009.1351). Valeur de référence citée telle qu’écrite : valeur provisoire de 15 µg/kg par semaine jugée inadaptée ; BMDL01 de 0,3 à 8 µg/kg de poids corporel par jour pour l’arsenic inorganique. Les auteurs jugent qu’il y a peu ou pas de marge entre l’exposition alimentaire et les valeurs associées aux cancers du poumon, de la peau et de la vessie. Lu : résumé de l’éditeur (Wiley, EFSA Journal), 22/10/2026.
Ce qu’un certificat doit montrer
Le règlement 333/2007 fixe pour l’arsenic inorganique et total une LOQ de contrôle officiel inférieure ou égale à deux tiers de la teneur maximale quand celle-ci atteint 0,03 mg/kg ou plus : 0,067 mg/kg pour la chair de poisson (0,10).
Pour un complément de collagène, aucun seuil d’arsenic inorganique n’existe au règlement 2023/915 : le certificat se lit alors contre le seul repère de l’ingrédient (1 ppm d’« As », règlement 853/2004) et contre l’article 3 du règlement 2023/915 sur les denrées transformées. Un laboratoire doit préciser total ou inorganique.
| Ligne du certificat | À vérifier | Repère réglementaire |
|---|---|---|
| Arsenic | total ou inorganique, LOQ | ingrédient : 1 ppm ; poisson : 0,10 mg/kg d’inorganique |
| Méthode | spéciation nommée si inorganique | critère de LOQ du règlement 333/2007 |
| Nature de l’échantillon | ingrédient ou produit fini | pas de seuil pour les compléments |
Ce que « sans arsenic » ne peut pas vouloir dire
« Sans arsenic » est impossible à étayer sans préciser la forme mesurée. Un résultat « arsenic total » ne dit pas la part d’arsenic inorganique, la seule forme visée par le règlement.
L’absence de seuil pour les compléments ne signifie pas absence de règle : la loyauté de l’information (règlement 1169/2011, article 7) s’applique à toute mention de pureté.
En cas de doute sur un symptôme ou sur une consommation de poisson ou de complément, parlez-en à un médecin ou à un pharmacien.
À lire aussi
Sources. Règlement (UE) 2023/915 (consolidé 19/08/2026) ; Règlement (CE) n° 853/2004 (consolidé 07/05/2026) ; Règlement (CE) n° 333/2007 (consolidé 30/04/2024). Textes lus le 22/10/2026 dans leur version consolidée.
